Le président américain Donald Trump s'apprête à signer un décret dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, le 22 juin 2026 à Washington

Le président américain Donald Trump s'apprête à signer un décret dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, le 22 juin 2026 à Washington

Donald Trump a pris lundi deux décrets relatifs à l'informatique quantique, dont l'un vise le lancement, à moyen terme, du premier ordinateur quantique susceptible d'être utilisé pour de la recherche scientifique par le gouvernement américain.

"Nous pensons que c'est faisable d'ici 2028", a déclaré le conseiller de la Maison Blanche aux sciences et technologies, Michael Kratsios, lors d'un point de presse.

Des ordinateurs quantiques ont déjà été déployés, mais ils présentent un taux d'erreur encore trop important pour être utilisés à grande échelle et faire avancer, notamment, la recherche scientifique.

En l'état, les acteurs américains les plus avancés de l'informatique quantique, à savoir IBM, Microsoft et Google, ont chacun comme objectif la mise au point d'un ordinateur quantique commercial d'ici 2029.

Le ministère de l'Energie va définir les critères techniques attendus de cet ordinateur quantique, a expliqué un officiel de la Maison Blanche lors d'un point de presse téléphonique.

Il a indiqué qu'il s'agirait d'un modèle aux capacités moindres que les ordinateurs quantiques commerciaux promis par le secteur privé.

"Nous voyons cet ordinateur comme une étape vers des systèmes de plus grande échelle, aux capacités supérieures", a situé l'officiel.

Issu d'une collaboration avec le secteur privé, il sera mis en service dans des installations du ministère de l'Energie ou un laboratoire du gouvernement.

Interrogé, le gouvernement s'est refusé à mentionner les noms de partenaires potentiels. Il a aussi indiqué que ce décret n'incluait pas de ressources financières supplémentaires.

L'informatique quantique s'appuie sur les "bits quantiques", ou "qubits", et non sur les "bits" de l'informatique classique, à savoir la plus petite unité que peut traiter un ordinateur.

Si les "bits" ne connaissent que deux états, 0 ou 1, les "qubits" peuvent prendre un nombre illimité de valeurs et comparer simultanément toutes ces possibilités.

Les ordinateurs quantiques commerciaux seraient ainsi dotés d'une puissance de calcul hors de portée d'un ordinateur traditionnel, ouvrant théoriquement la voie à la découverte de nouveaux algorithmes, molécules dans le domaine de la santé ou de matériaux inconnus.

Le second décret pris lundi par le président américain concerne la cryptographie post-quantique (PQC), technologie à même de créer de nouveaux algorithmes de codage susceptibles de résister à une tentative de déchiffrement menée avec un ordinateur quantique.

Cette méthode nécessite l'utilisation, en plus d'une clé de sécurité classique, d'un algorithme dit post-quantique.

Le décret entend "accélérer la migration" vers la PQC d'ici 2031.

Le gouvernement a donné pour mission à l'Institut national des standards et de la technologie (NIST) de faire migrer ses propres systèmes vers la PQC d'ici fin 2027 "pour ouvrir la voie aux autres agences" publiques concernées, a indiqué l'officiel.