Vue générale de la platforme du Très grand téléscope (VLT), à l'Observatoire européen austral (ESO) de Paranal, dans le désert d'Atacama au Chili, le 27 janvier 2025
Un projet controversé d'hydrogène vert près de Paranal, l'un des principaux sites astronomiques au monde situé au Chili, a été officiellement abandonné après des mois de critiques sur son impact potentiel sur l'observation astronomique, a-t-on appris jeudi auprès des autorités.
AES Andes, la filiale chilienne de l'entreprise américaine AES Corporation, entendait exploiter un site de 3.000 hectares près de l'observatoire situé dans le désert d'Atacama, dans le nord du pays, afin d'exploiter l'énergie solaire et éolienne et produire de l'hydrogène vert et de l'ammoniac, un gaz utilisé dans la fabrication d'engrais.
"L'étude d'impact environnemental du projet (...) est considérée comme abandonnée", indique un document remis à l'AFP par le Service chilien d'évaluation environnementale (SEA).
Fin janvier, AES Andes avait annoncé l'abandon du projet, mais celui-ci devait encore être formellement validé par les autorités chiliennes.
L'Observatoire européen austral (ESO), qui dénonçait la pollution lumineuse du projet en mesure de perturber l'observation du ciel, s'était immédiatement réjoui de la fin envisagée de ce projet baptisé INNA.
"En raison de son emplacement, le projet constituerait une menace majeure pour les cieux les plus sombres et les plus clairs de la Terre et pour les performances des installations astronomiques les plus avancées au monde", avait déclaré le directeur général de l'Observatoire européen austral (ESO), Xavier Barcons dans un communiqué.
AES Andes avait indiqué mettre fin au projet, d'un coût de 10 milliards de dollars, afin de se concentrer "sur le développement et la construction de son portefeuille d'énergies renouvelables et de stockage d'énergie".
Perché à 2.635 mètres d'altitude et situé à plusieurs dizaines de kilomètres de la ville la plus proche, Antofagasta, l'observatoire de Paranal bénéficie de conditions atmosphériques uniques qui en font l'un des observatoires les plus productifs au monde.
Le site héberge le Very Large Telescope (VLT) de l'ESO, utilisé par les astronomes pour observer la Voie lactée. Le VLT - lui-même composé de quatre télescopes individuels - a fourni la première image d'une exoplanète (une planète hors de notre système solaire) en 2004.
Le projet INNA mettait également en danger le bon fonctionnement du prochain Extremely Large Telescope (ELT), le "plus grand oeil braqué vers le ciel", selon l'ESO, qui prévoit d'achever sa construction en 2028.