(C) CRP Gabriel Lippmann
Sorte de microscope géant, le NanoSIMS est un instrument scientifique qui permet d’obtenir des images détaillées et des informations sur la composition chimique d’objets minuscules, comme par exemple les poussières d’étoiles ou l’intérieur d’un cheveu.
Il n’existe qu’une quarantaine de ces instruments dans le monde, et celui installé au sein du département Science et Analyse des Matériaux du Centre de Recherche Public - Gabriel Lippmann (CRP-GL) était un des premiers. Opérationnel depuis douze ans, le NanoSIMS au CRP-GL est utilisé pour analyser aussi bien la composition des aciers de nos voitures que pour la recherche biologique ou médicale.
Visualiser des structures 3000 fois plus petites qu’un cheveu
Les chercheurs peuvent obtenir des images de petits objets de 35 nanomètres de taille. A titre d’exemple un cheveu humain a en moyenne un diamètre de 100 000 nanomètres (100 micromètres) – soit 3000 fois la taille du plus petit objet que le NanoSIMS peut observer!
Obtenir des informations sur la composition chimique
En même temps, l’instrument fournit des informations sur la composition chimique de ces objets grâce à sa technique de base, la spectrométrie de masse d’ions secondaires (voir infobox). Ainsi, les chercheurs peuvent visualiser la composition chimique de l’objet.
Applications dans la recherche biologique et médicale
La plupart des analyses se font en tant que collaborations au niveau national et international. Parmi l’équipe d’analystes de Tom Wirtz, quatre personnes savent utiliser cette machine. Jean-Nicolas Audinot, physico chimiste au CRP-GL, est le responsable scientifique de l’instrument. Les applications sont très variés: « Nous étudions p.ex. la pénétration de produits cosmétiques dans la peau ou nous localisons des pesticides dans les insectes des rivières du Grand Duché », dit Jean-Nicolas Audinot. Tom Wirtz ajoute: «Nous poursuivons en collaboration avec le constructeur des recherches pour améliorer les performances du NanoSIMS. »
Analyser des poisons dans les cheveux
Jean-Nicolas Audinot finit par raconter une expérience plutôt curieuse : « Nous avons pu définir la distribution et la concentration d’arsenic à l’intérieur des cheveux d’une personne décédée. » Cette évidence a été considérée comme une preuve complémentaire pour l’hypothèse d’un empoisonnement à l’arsenic.
Auteur: Michèle Weber
Photo © CRP Gabriel Lippmann
Infobox
Un ion est un atome ou une molécule chargé, c’est-à-dire avec un nombre inégal de protons et d’électrons.