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Le contact entre une pile et la laine d’acier fait un court-circuit

Pas la peine de désespérer, car il existe plusieurs méthodes que l’on peut mettre en œuvre...

Compte tenu des risques (voir ci-dessous), il est recommandé de faire cette expérience en présence d'un adulte.

La méthode du technicien :
faire du feu à l’aide d’une batterie de 9 volts et d’une éponge en laine d’acier (Piwel)

Réalisation

Prendre une batterie de 9 volts et placer une éponge en laine d’acier dessus, de manière à ce qu’elle touche les deux pôles de la batterie : cela occasionne un court-circuit qui fait luire la laine d’acier. Il est facile d’y faire brûler une feuille de papier et donc d’allumer un feu. Eloigner la batterie, souffler précautionneusement et alimenter doucement le feu.

Application

Pour toutes les méthodes, un principe est toujours d’application : débuter avec des matériaux extrêmement inflammables et ensuite construire le feu.

Matériaux d’allumage: Il s’agit de matériaux extrêmement inflammables, qui réagissent à la moindre étincelle : ils servent donc de point de départ pour toutes les méthodes suivantes. La nature contient de nombreux matériaux d’allumage ; le choix d’un parmi ceux-ci dépend de l’endroit et de la saison. En principe, toutes les graines plumeuses (p.ex. la massette, l’épilobe...), la mousse ou l’herbe séchée conviennent ; la fine écorce blanche du bouleau brûle très bien également. Le nom de l’amadouvier, un champignon qui grandit le long des troncs d’arbres, traduit d’emblée sa capacité à s’enflammer (note du traducteur : amadou signifie amoureux). La partie molle feutrée située à l’intérieur du champignon servira de détonateur une fois découpée ou déchirée. Jadis, on la faisait tremper avant de la faire bouillir puis de la battre et d’ensuite la laisser mariner dans une solution à base de salpêtre ou dans l’urine pour augmenter son caractère inflammable.

Matériaux de combustion: Lorsque le matériau d’allumage fume, rougeoie ou produit une flamme, il faut continuer à alimenter le feu ; d’une part avec de l’oxygène – en soufflant régulièrement et précautionneusement sur le brasier d’une part, et d’autre part avec des combustibles. Au départ, on utilisera de petits matériaux très inflammables comme p.ex. de la paille, des copeaux, du petit bois, des pommes de pin... Ce n’est que lorsque la flamme sera stable qu’on pourra doucement faire brûler de plus gros morceaux de bois.

Le foyer sera installé de manière à ce que le feu ne puisse pas se répandre à des matériaux environnants. On évitera de faire du feu sur un sol recouvert de bruyère ou de mousse. Par ailleurs, il conviendra de dégager le sol et d’ensuite entourer le foyer de pierres. Il faudra également faire attention à la force du vent et à sa direction, car les étincelles brûlantes peuvent voler loin. En cas d’urgence, il conviendra de toujours avoir un extincteur, p. ex. un grand saut d’eau, à portée de main.

Principe

Pour comprendre la physique de la méthode, il faut connaître deux concepts : le point de flamme et la température d’inflammation. Le point de flamme est la température la plus basse à laquelle un mélange de gaz peut se former autour d’un matériau. Car même lorsque des solides, par exemple du bois, brûlent, ce n’est pas le bois lui-même qui brûle, mais les vapeurs émises par le bois qui réagissent avec l’air et forment des flammes visibles. La température d’inflammation par contre est la température à laquelle une matière donnée peut s’enflammer uniquement par la chaleur, c.-à-d. sans étincelle d’allumage. Les matériaux d’allumage se caractérisent par le fait que le point de flamme et le point d’inflammation sont relativement bas : ils peuvent donc s’enflammer à faible chaleur ou grâce à une petite étincelle. La friction ainsi que la focalisation de la lumière engendrent de la chaleur : ces deux méthodes consistent donc à atteindre la température d’inflammation du matériau d’allumage.

Le court-circuit et le silex par contre occasionnent des étincelles et de la chaleur que l’on utilisera pour lancer un feu. La percussion de l’acier sur le silex fait sauter de tout petits morceaux d’acier. L’énergie cinétique de la percussion se transforme en énergie thermique, la chaleur de friction. Celle-ci enflamme les morceaux d’acier ; on voit des étincelles enflammer le matériau d’allumage.

Le principe du court-circuit est légèrement différent. La laine d’acier relie les pôles positif et négatif de la batterie. Une forte électricité est instantanément produite, les décharges électriques dans l’air provoquent des étincelles, qui sont toutefois accessoires. Bien plus importante est la chaleur qui se dégage de la résistance lors du passage de l’électricité, car c’est elle qui occasionne l’inflammation de la laine d’acier.

Au quotidien

De nos jours, il est rare de faire du feu en utilisant l’une des méthodes citées ci-dessus ; ces techniques ont surtout une valeur historique et de curiosité.

Conseils

Si l’on n’a absolument aucun matériau sec à disposition, on peut tout de même découper des copeaux à l’intérieur de branches humides.

Le bois tendre brûle plus vite que le bois dur, mais donne moins de chaleur.

Le pin, l’épicéa, le mélèze, le peuplier, le saule par exemple sont des bois tendres ; le hêtre, le chêne, le frêne, l’érable... sont des bois durs. Sur la photo à droite, on distingue un amadouvier.

Mise en garde

Il faut toujours être prudent avec le feu, surtout en présence d’enfants. Ces méthodes ne seront donc testées qu’en petit groupe.

Par ailleurs, comme pour tous les feux dans la nature : veiller à ce que le feu ne se propage pas involontairement à d’autres matériaux et déborde. Il faut éviter les matériaux combustibles dans les environs immédiats du foyer. Des pierres placées autour de celui-ci peuvent constituer une barrière supplémentaire. De plus, il faut toujours surveiller la direction et la force du vent, car des étincelles brûlantes peuvent voler loin. Last but not least : il faut toujours avoir à portée de main un moyen d’éteindre un feu, par exemple de l’eau.

Autres méthodes:

- Méthode du technicien
- Méthode du collectionneur de papillons
- Méthode indienne

Auteur: Joseph Rodesch (FNR), Liza Glesener

Infobox

Matériel

(par personne)

- 1 batterie de 9 volts
- une éponge en laine d’acier (Piwel)
- des matériaux d’allumage et autres combustibles

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