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En 2022, quatre pétitions réclamant une réduction du temps de travail sans perte de salaire ont été déposées au Luxembourg. Deux d’entre elles étaient favorables à l’introduction d’une semaine de quatre jours, alors que les deux autres prônaient une semaine de 35 heures, c’est-à-dire une semaine de travail classique de sept heures par jour au lieu de huit.

Dans le débat sur la réduction du temps de travail au Luxembourg, les arguments fréquemment avancés sont le bien-être personnel, une plus grande égalité de genre, le progrès numérique et technique ou encore le changement climatique. Quelle est la solidité de ces arguments ? Qu’est-ce qui s’oppose malgré tout encore aux formules de temps de travail raccourci ? Et quelles sont les problématiques propres à la situation socio-économique au Luxembourg ?  

Récemment, des chercheurs du Luxembourg Institute of Socio-Economic Research (LISER) et de l’Université du Luxembourg ont présenté une étude portant sur ce sujet. L’étude, commanditée par le ministère du Travail à la suite d’un débat mené à la Chambre des Députés, présente une analyse scientifique de la théorie et des exemples types d'autres pays, sans faire l'impasse sur le contexte luxembourgeois.

Dans le présent article, nous résumons quelques constats (sans être exhaustifs !) de l’étude en question et de nos propres recherches sur le sujet.

Notre conclusion en bref : Le sujet est d'une grande complexité et le diable se cache dans les détails. Une semaine de 35 heures à salaire égal peut présenter des avantages pour les travailleurs, par exemple en matière de bien-être. Mais pour les employeurs et/ou l’État, un tel modèle peut s’avérer onéreux. Il n’apparaît pas clairement si un raccourcissement du temps de travail peut être partiellement compensé par la digitalisation et/ou l'augmentation de la productivité. Il existe des études scientifiques sur le sujet, mais comme le contexte socio-économique et les objectifs varient, elles ne fournissent pas de solution miracle universelle. Dans les discussions sur un raccourcissement du temps de travail, il convient de bien réfléchir aux objectifs et d’élaborer ensuite des scénarios avec tous les acteurs concernés. Nous recommandons aux personnes intéressées de lire l’étude du LISER, car elle entre beaucoup plus dans le détail et tient davantage compte du contexte luxembourgeois. L’étude est disponible au téléchargement sur le site Internet du ministère du Travail.

Nous avons également résumé nos propres recherches dans une courte vidéo (« Ziel mir keng! »). Elle a toutefois été produite avant la publication de l’étude du LISER et n’en tient donc pas compte.

Vue d’ensemble : quelques statistiques pour commencer.

En Europe, les personnes employées à temps plein travaillent en moyenne 40,3 heures par semaine. C’est ce qui ressort d’une évaluation de la Direction de l’Animation de la Recherche, des Études et des Statistiques (Dares) réalisée en France en 2016. La Grande-Bretagne se trouvait en tête de liste avec 42,2 heures, suivie de l’Allemagne avec 40,4 heures et de la Suède avec 39,9 heures. Les chercheurs de l’étude du LISER présentent également des données de 2016 dans leur étude globale. Selon une publication du STATEC, le temps de travail effectif* d’un travailleur à temps plein au Luxembourg était à l'époque en moyenne de 1 701 heures par an, ce qui correspond à la moyenne européenne (1 700 heures). Le temps de travail effectif était légèrement inférieur en Allemagne (1 677 heures) et nettement inférieur en France (1 544 heures) et en Belgique (1 495 heures).  

*Le temps de travail effectif correspond au nombre d’heures réellement prestées par un travailleur, et non pas au nombre d’heures prévues par un contrat ou par la loi. Les heures supplémentaires sont prises en compte dans ce calcul, mais pas les congés, les arrêts de maladie, les jours fériés, etc.

Figure 1 : Heures effectivement prestées en moyenne annuelle (2016) par un travailleur à temps plein.

Au Luxembourg, 45 % des travailleurs ne résident pas au Grand-Duché selon l’Inspection générale de la sécurité sociale (IGSS). Les chercheurs de l’étude globale réalisée par le LISER et l’Université du Luxembourg font remarquer que certaines statistiques sur le temps de travail (par exemple, celles de l’OCDE ou même certaines données d’Eurostat) ne portent que sur les travailleurs résidant au Luxembourg, ce qui fausse quelque peu la vue du marché du travail luxembourgeois.

 

Les données d’Eurostat de 20195 confirment cependant en grande partie les statistiques. D’après ces données, les travailleurs à temps plein au Luxembourg prestent en réalité 40,5 heures par semaine, contre 40,6 heures en Allemagne, 40,2 heures en Belgique et 38,8 heures en France.

Si l’on consulte les mêmes données d’Eurostat des dix dernières années, on constate une tendance à travailler moins, tant au Luxembourg que dans les pays voisins. Les salariés à temps plein au Luxembourg travaillaient en moyenne 40,5 heures par semaine en 2019, contre 41,7 en 2012.

Une autre tendance se dessine au Luxembourg, à savoir qu' un nombre croissant de salariés travaillent à temps partiel. Selon Eurostat, cette proportion a augmenté de façon constante au Luxembourg, passant de 11,6 % en 2001 à 18 % en 2021.

Illustration 2. Nombre moyen d’heures effectivement prestées par semaine par les travailleurs à temps plein dans une sélection de pays européens. Source : Eurostat

De façon générale, un nombre croissant de travailleurs au Luxembourg souhaitent travailler moins. Il existe deux statistiques à ce sujet. Selon une étude des Salariés7, 33 % des salariés souhaitaient travailler moins en 2018. Ils étaient 44 % en 2021.  L’étude globale réalisée par le LISER et l’Université du Luxembourg a examiné les données de l’enquête EWCS de 2021, dans le cadre de laquelle seuls les travailleurs résidant au Luxembourg ont été interrogés. Selon cette étude, les salariés à temps plein travaillent en moyenne 42,7 heures par semaine, mais ne souhaitent en moyenne en prester que 36,3 par semaine. Toujours selon cette enquête, 63 % des personnes interrogées souhaiteraient travailler moins qu’elles ne le font actuellement, 32 % sont satisfaites de leur temps de travail et moins de 5 % voudraient travailler plus. Si l’on demande aux participants s’ils souhaiteraient travailler moins de 40 heures par semaine, 46 % s’expriment en ce sens, alors que 40 % se disent satisfaits avec une semaine de 40 heures et 7 % souhaitent travailler plus de 40 heures par semaine. Les chercheurs de l’étude globale ont également examiné plus en détail qui sont les personnes qui ont tendance à souhaiter réduire leur activité professionnelle. Vous trouverez plus d’informations dans leur étude.

Exemples de réduction du temps de travail dans d'autres pays

La semaine de cinq jours et 40 heures n’est plus non plus la référence absolue dans tous les pays, loin s’en faut. Certains pays testent des modèles alternatifs et ont déjà fait des expériences dans ce domaine. Nous, de même que les chercheurs du LISER et de l’Université du Luxembourg, avons sélectionné quelques-uns de ces modèles. Nous vous les présentons brièvement ici.

En février 2000, la France a introduit la semaine de 35 heures. Les 35 heures ne désignent toutefois pas un temps de travail maximal. Il s’agit du temps de travail pour lequel les travailleurs touchent leur rémunération ou leur salaire normal. Travailler plus d'heures est possible, mais ce travail doit être rémunéré avec les majorations pour les heures supplémentaires en vigueur. L’objectif principal de la semaine de 35 heures était de lutter contre le taux de chômage relativement élevé que connaissait la France à l’époque. La semaine de 35 heures a été introduite progressivement, d'abord dans les grandes entreprises, puis dans les plus petites. Pour aider les employeurs à s’adapter, l’État français a réduit l’impôt sur le revenu.

En Allemagne, Deutsche Telekom et le Syndicat unifié des services Verdi ont adopté la semaine de 36 heures le 1er janvier 2019. Les travailleurs continuent à travailler cinq jours pour un total de 38 heures par semaine, mais ils ont droit à 14 jours de congé supplémentaires par an. Les jours de maladie ont toutefois une incidence sur ces jours de récupération. Un employé qui prend un congé de maladie d’un jour a droit à 0,4 heure de temps de récupération en moins l'année en question.

Indépendamment des initiatives gouvernementales ou syndicales, certaines entreprises se mettent à proposer différents modèles de travail à leurs employés. Rheingans Digital Enabler, une agence de communication de Bielefeld, a par exemple raccourci son temps de travail à 25 heures par semaine. L’entreprise a décidé de maintenir la semaine de cinq jours, mais de réduire le temps de travail à cinq heures par jour. Deux ans plus tard, un cabinet économique et fiscal de Hambourg a commencé à introduire la semaine de 36 heures11 dans le but d’améliorer l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée des employés.

Une semaine de travail plus courte, de 28,8 heures, a également été introduite temporairement chez Volkswagen entre 1993 et 1999, dans le but de sauver des emplois.

De juin à décembre 2022, le groupe de réflexion Autonomy et l’organisation à but non lucratif 4 Day Week Global ont testé la semaine de quatre jours en Grande-Bretagne. Soixante et un employeurs de différents secteurs ont pris part à cette expérience. Près de 3 000 employeurs ont vu leur temps de travail hebdomadaire passer de 48 à 32 heures au cours de cette période, sans baisse du salaire. Les entreprises pouvaient choisir d’introduire une semaine de quatre ou cinq jours. Tant les entreprises que les employés se sont montrés satisfaits du modèle lors des enquêtes réalisées dans ce contexte.

En Belgique aussi, des essais ont été réalisés pour réduire la semaine de travail à quatre jours. Il s’agit toutefois ici de maintenir le temps de travail hebdomadaire de 38 heures  en vigueur, et de le répartir sur quatre jours au lieu de cinq. Depuis 2022, les employés peuvent demander une redistribution de leur temps de travail sur quatre jours au lieu de cinq. Le temps de travail quotidien serait donc porté à neuf heures et demie. Les détracteurs de cette initiative se sont fait entendre du côté du syndicat.

Entre 2015 et 2017, plus de 2 500 travailleurs ont participé à deux vastes enquêtes menées en Islande. Au lieu de 40 heures par semaine, le temps de travail a été réduit à 35 ou 36 heures, à salaire égal. Outre la conciliation entre travail et vie privée, l'accent a également été mis sur les effets sur la productivité. L'impact sur les travailleurs a été jugé positif. La productivité est globalement restée stable et elle a même augmenté dans certains cas. Après l'essai, les syndicats ont négocié une réduction permanente du temps de travail avec de nombreuses entreprises. Près de 86 % de la population active du pays en bénéficie actuellement.

L’exemple suivant est tiré de l’étude réalisée par le LISER et l’Université du Luxembourg. Au Portugal, la semaine de travail a été réduite de 44 à 40 heures entre 1996 et 1998, sans réduction des salaires. Les entreprises n’ont bénéficié d'aucune compensation financière dans ce contexte. 

En Scandinavie, plusieurs expériences ont été réalisées ou sont en cours. Il convient de souligner une expérience contrôlée menée dans une maison de retraite de Göteborg, dans le cadre de laquelle les travailleurs ont réduit leur temps de travail de 8 à 6 heures par semaine. Du personnel supplémentaire a été financé par la Ville de Göteborg. Une comparaison a été réalisée avec une maison de retraite qui a continué à mettre en œuvre les journées de travail de huit heures.

Pourquoi travaillons-nous aujourd’hui 40 heures par semaine ?

Pendant une grande partie de l’histoire de l’humanité, le temps de travail était conditionné par le soleil. En effet, les personnes qui travaillent dans les champs ou dans la forêt s’orientent sur la durée de la journée et les saisons. Cette situation a changé radicalement à partir du milieu du XVIIIe siècle. Des usines ont vu le jour. Les machines tournaient 24 heures sur 24. Elles avaient besoin d’être commandées. De jour comme de nuit. Des lampadaires à gaz et la lumière électrique ont chassé l'obscurité. Et les villes ont absorbé la main-d'œuvre comme une éponge. Malgré cela, les travailleurs arrivaient en trop grand nombre. Les employeurs dictaient les conditions. Et elles étaient dures. Les journées de 16 heures n’étaient pas rares. L'impact sur la main-d'œuvre a été dévastateur. Les protestations ne se sont pas fait attendre. Vers la fin du XIXe siècle, le temps de travail hebdomadaire a diminué. Le groupe allemand de spécialités chimiques a été l’un des premiers où les travailleurs ont bénéficié d'une journée de huit heures dès 1884. Elle a été ancrée dans la loi dans de nombreux pays industrialisés après la Première Guerre mondiale. Au Luxembourg, elle est entrée en vigueur dans le secteur industriel le 5 mars 1928. Comme dans la grande majorité des pays industrialisés, la semaine comptait cependant toujours six jours de travail. Seul le grand industriel américain Henry Ford l’avait réduite à cinq jours dès 1926. Au Luxembourg, cette revendication a été formulée par les syndicats à la fin des années 1950 et a pris de l'ampleur en 1962. S’en sont ensuivies des recommandations, des négociations et des réductions progressives du temps de travail. Depuis le 1er janvier 1975, la semaine de cinq jours et de 40 heures est également ancrée dans la loi au Grand-Duché de Luxembourg.

La réduction du temps de travail améliore-t-elle l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, de même que la santé et le bien-être des travailleurs ?

Plusieurs études montrent que les longues heures de travail ont un impact négatif sur la santé et l’équilibre entre travail et vie privée.

Cela ne signifie pour autant pas automatiquement que travailler moins a toujours un impact positif. L’étude du LISER indique par exemple qu’au Luxembourg, il n'existe pas de grande différence entre les travailleurs à temps plein et les travailleurs à temps partiel en ce qui concerne les difficultés à concilier vie professionnelle et vie privée. Selon les chercheurs, la raison pourrait en être que dans un couple composé d’un travailleur à temps plein et d’un travailleur à temps partiel, davantage de tâches domestiques incombent au travailleur à temps partiel.

Qu’en est-il dans les pays où le temps de travail a été réduit de manière ciblée sans baisse du salaire ?

Équilibre entre vie professionnelle et vie privée

En ce qui concerne l’impact sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, les résultats sont mitigés.

En France, la majorité des personnes interrogées ont fait état d’un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Mais pour une partie des travailleurs, l’une des conséquences a été une intensification du travail. En d'autres termes, ils devaient s'acquitter de la même charge de travail en moins de temps. Une telle intensification s'est également produite lorsque Volkswagen a réduit temporairement le temps de travail en Allemagne. Dans ce type de cas, l’impact sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée est moins positif. Il pourrait même être négatif si la situation engendre plus de stress.

Lors des essais menés au Royaume-Uni, 62 % des travailleurs ont déclaré qu’ils avaient plus de facilité de combiner le travail avec des loisirs.  

En Islande18 et lors d’essais réalisés en Scandinavie, les participants ont également déclaré qu'ils parvenaient à mieux concilier travail et vie privée.

L’étude du LISER conclut que l’effet sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée n’est pas systématique. Les chercheurs citent trois conditions qui doivent être réunies pour qu’il y ait un impact positif sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée.

  • La réduction du temps de travail doit effectivement se traduire par une diminution des heures de travail. Si la réduction du temps de travail est compensée par des heures supplémentaires, par exemple, aucun effet ne peut être constaté sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée.
  • Le raccourcissement du temps de travail ne doit pas s’accompagner d’une perte de contrôle des travailleurs sur leurs horaires de travail. En d’autres termes, une réduction du temps de travail ne peut pas avoir pour effet de rendre les horaires de travail moins planifiables ou prévisibles, par exemple parce qu’une semaine les travailleurs prestent 40 heures et une autre semaine, ils en prestent seulement 30 heures.
  • Il ne doit pas y avoir d’intensification de la charge de travail.

Le temps de travail n'est donc qu'un facteur parmi d'autres qui peut contribuer à concilier travail et vie privée. Outre le nombre d'heures supplémentaires et la prévisibilité des horaires de travail, le type de travail et les éventuelles contraintes de temps au travail jouent également un rôle.

Notre conclusion : Il est prouvé qu’une réduction du temps de travail peut, dans certaines conditions, contribuer à améliorer l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée.

À condition qu’il existe réellement un problème d'équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Au Luxembourg, lors d’une enquête de la Chambre des Salariés menée en 2021, 21 % des participants ont déclaré avoir souvent ou presque toujours des difficultés à concilier travail et vie privée. En 2016, ce pourcentage était de 15 %. 

Santé et bien-être

Quand il s’agit de bien-être et de santé, une des hypothèses veut que les personnes qui travaillent moins ont plus de temps pour s'occuper de leur santé physique et mentale ou pour s'adonner à leurs loisirs. Quels sont les résultats d’une réduction ciblée du temps de travail ? Il est important de mentionner que peu d'études ont examiné cette question dans le cadre d'une expérience contrôlée, c’est-à-dire dans une expérience où un groupe a travaillé moins et un autre autant qu'avant, et où les deux groupes ont été comparés. Dans la plupart des cas, la réduction du temps de travail semble toutefois améliorer la santé et le bien-être des travailleurs.

Une méta-analyse de sept études21 menée en Scandinavie auprès d’un groupe test et d’un groupe témoin a conclu qu’une réduction du temps de travail s’accompagnait d’une nette diminution du stress et des symptômes neuropsychologiques. Les participants du groupe test ont également rapporté qu'ils dormaient mieux et qu'ils se sentaient généralement mieux au travail.

Des expériences menées en Suède et en Grande-Bretagne22 ont également permis de réduire considérablement le nombre de congés de maladie dans les groupes tests.

En Islande23 aussi, le bien-être des fonctionnaires et employés de l'État qui ont travaillé moins a augmenté par rapport à celui de leurs collègues dont le temps de travail n'a pas été réduit. Ils ont déclaré être moins stressés et disposer de plus de temps pour pratiquer une activité physique.  

Lors des essais menés en Grande-Bretagne24, une partie des employeurs ont également fait état d'effets positifs sur la santé physique et mentale.

L’étude du LISER a notamment analysé les exemples de la France et du Portugal.

Dans ces deux pays, l’effet sur le bien-être a été positif. Au Portugal, il s’est maintenu cinq ans après l’introduction du temps de travail réduit. En France, il n’existe pas de données sur les effets à long terme.

En France, la santé des travailleurs s'est également améliorée, alors qu'un tel effet n'a pas été constaté au Portugal.

Les chercheurs rappellent toutefois que les effets sur le bien-être et la santé ne peuvent être positifs que si la réduction du temps de travail s'accompagne effectivement d'une diminution des heures de travail et non pas d'une intensification du travail. Les exemples de la France et du Portugal montrent que seuls les travailleurs qui ont dans les faits travaillé moins d'heures ont constaté un effet positif sur leur santé et leur bien-être. En outre, les chercheurs concluent que les effets sur la santé et le bien-être sont les plus importants pour les femmes et les travailleurs âgés.

Notre conclusion : Seul si la charge de travail est effectivement réduite et non pas intensifiée, une réduction du temps de travail peut avoir un effet positif sur le bien-être et la santé.

 

Une réduction du temps de travail augmente-t-elle la productivité horaire ?

Selon une autre hypothèse, les personnes qui travaillent moins d’heures affichent une meilleure productivité horaire.

L’étude du LISER fournit une analyse théorique des mécanismes par lesquels une réduction du temps de travail permettrait d’améliorer la productivité. Pour plus de détails, reportez-vous à l'étude

Notre recherche a montré qu’en Islande et en France, ainsi que lors des essais réalisés en Grande-Bretagne, la productivité horaire a légèrement augmenté ou qu’elle n’a du moins pas diminué après l'introduction d'un raccourcissement du temps de travail.

Dans les pays prospères, on peut aussi observer la corrélation suivante : là où la productivité horaire est élevée, les travailleurs ont tendance à prester moins d’heures.

Mais il ne s'agit là que d’une corrélation qui ne prouve pas de lien de cause à effet. La productivité horaire est influencée par différents facteurs, dont les investissements et le progrès technologique.

Figure 3 : Productivité horaire et heures effectivement prestées par semaine dans différents pays européens. EU27 = 100. Source : Eurostat.

Une étude menée en 2021 a mis en évidence un lien entre la productivité et la satisfaction dans la vie. Dans d’autres termes, cela signifie que les personnes heureuses sont plus productives que les personnes malheureuses. Une augmentation d’une unité du bien-être subjectif, qui est généralement considéré comme une mesure de la satisfaction dans la vie, s'est accompagnée d'un gain d’efficacité moyen de près de 80 heures de travail dans des pays comme la France ou l'Allemagne. Nous pourrions donc travailler deux semaines de moins par an sans que nos performances changent.

Bien sûr, l’impact du bien-être sur les performances au travail dépend aussi du type de travail que l'on fait. C'est surtout le degré d'autonomie dans l'activité qui joue un rôle. Plus une activité est monotone, moins le bien-être est important pour son exécution. Et comme nous l’avons évoqué plus haut, la réduction du temps de travail peut améliorer le bien-être des travailleurs.

C’est de ces observations que découle notre conclusion : Des données indiquent qu’une réduction du temps de travail pourrait augmenter la productivité horaire.

 Jusqu’ici, nous avons examiné comment la durée du temps de travail affecte l'individu. Analysons à présent les conséquences pour la société.

Une durée hebdomadaire de travail plus courte s’accompagne-t-elle d’une baisse du chômage ?

Intuitivement, on aurait tendance à penser que si tout le monde travaille moins, nous avons tout simplement besoin de plus de main-d'œuvre. Le chômage devrait donc baisser. Différentes études indiquent que cela a été le cas lors de l’introduction de la semaine de 35 heures en France. Au moins à court terme, l'emploi a augmenté de 6 à 7 % selon les études. C’est ce que montre une étude globale réalisée en 200727. Selon l’auteur, il n’est toutefois guère possible de répondre de manière équivoque à la question de savoir si cet effet se maintient à long terme en raison des modifications apportées ultérieurement à la réglementation française de la durée du travail. En effet, au fil des années, la France est revenue sur certaines réglementations en matière de réduction du temps de travail.

L’étude globale du LISER et de l’Université du Luxembourg a examiné de près d’autres études également menées dans d'autres pays afin d'analyser l'impact sur le chômage. Résultat :

Les conclusions sur les effets de la réduction du temps de travail sur l’emploi et le chômage ne sont pas concluantes et varient considérablement selon le type de réformes, le pays concerné, le secteur, la situation économique (sous-emploi ou plein emploi), le niveau d’analyse (travailleurs, entreprises, secteurs, régions ou pays) et les données utilisées, ce qui les rend difficilement comparables.

Les auteurs de l’étude du LISER et de l’Université du Luxembourg

Au Luxembourg, le taux de chômage est heureusement relativement faible. Nous sommes plutôt confrontés au problème de pénurie de main-d'œuvre qualifiée dans de nombreuses professions, souvent dans des secteurs où il n’est pas possible de simplement accroître la productivité, comme dans le secteur de l'éducation ou celui des soins.

Selon l’étude du LISER et de l’Université du Luxembourg, un raccourcissement réussi du temps de travail dépend des facteurs suivants : 1) l’ampleur du recours aux heures supplémentaires 2) la pénurie de main-d’œuvre qualifiée 3) la digitalisation et 4) les dispositifs en matière de flexibilité et de réorganisation du temps de travail sur l'année. Comme il existe une grande pénurie de main-d’œuvre qualifiée au Luxembourg, une réduction du temps de travail représente un risque. Certaines tâches ne peuvent pas être simplement redistribuées. La question de savoir si la digitalisation est utile dans le contexte d’une réduction du temps de travail ou si elle représente un risque reste en suspens. D’une part, les entreprises concernées par une réduction du temps de travail pourraient intégrer plus rapidement la robotisation et l’automatisation. D’autre part, la digitalisation pourrait aussi augmenter notre productivité horaire. Aucune étude empirique n'a encore été réalisée à ce sujet.

Conclusion : Les effets d’un raccourcissement du temps de travail sur l'emploi et le chômage sont sujets à controverse.

 

Actuellement, le marché du travail, même dans les pays industrialisés, est marqué par des modèles de rôles classiques. Une collecte de données réalisée en Allemagne en 201828 a révélé que seul un tiers des emplois à temps plein étaient occupés par des femmes. Ce chiffre se situait autour de 75 % en revanche pour les emplois à temps partiel. Selon la Labor Force Survey, en 2020 au Luxembourg, 31 % de la population active était composée de femmes travaillant à temps partiel, contre 7 % parmi les résidents masculins. Cette situation s’explique principalement par le fait que, dans la famille classique, les femmes interrompent leur activité professionnelle pour s’occuper des enfants et ne réintègrent ensuite que plus rarement le marché du travail à temps plein29, si tant est qu’elles y reviennent. En outre, les femmes assument à 64 % les tâches ménagères. Des temps de travail plus courts pour tous – telle est l’idée – pourraient constituer une solution à ce problème. En effet, ce modèle permettrait aussi aux hommes de disposer de plus de temps pour s’occuper des enfants et du ménage.

L’étude globale du LISER et de l’Université du Luxembourg explique deux autres mécanismes par lesquels la réduction du temps de travail permettrait d’améliorer l’égalité de genre. D’une part, davantage de femmes pourraient à nouveau travailler à temps plein et d’autre part, la différence entre le nombre d’heures de travail presté par les hommes et celui presté par les femmes s’estomperait, ce qui pourrait contribuer à réduire la stigmatisation des femmes sur le marché du travail.

Voilà pour la théorie. Qu’en est-il de la pratique ? Ici, les résultats des études de cas sont mitigés.

Lors de l’expérience réalisée en Islande, la répartition des tâches semble avoir changé dans de nombreux cas (mais pas tous). En effet, les hommes ont souvent assumé plus de responsabilités.

En France, les pères s’occupaient aussi plus de la famille, mais les femmes continuaient à consacrer plus de temps aux tâches domestiques que les hommes.

Un autre effet intéressant s'est produit en France : la proportion de femmes qui travaillaient à temps partiel a baissé après l’introduction de la semaine de 35 heures. Ce sont vraisemblablement surtout les femmes qui travaillaient auparavant entre 20 et 29 heures qui ont trouvé qu’une semaine de 35 heures présentait aussi un attrait. (Méda and Larrouturou, 2016, cité dans l’étude du LISER et de l’Université du Luxembourg).

Conclusion : Il existe des indications, mais pas de preuve formelle, que la réduction du temps de travail à elle seule améliore l’égalité de genre. 

Une réduction du temps de travail hebdomadaire diminue-t-elle l’empreinte carbone ?

Pour qu’une économie nationale puisse réduire son empreinte carbone et lutter contre le changement climatique, deux approches sont essentiellement possibles. D’une part, elle peut modifier les processus de production de façon à générer moins d’émissions de CO2. Mais elle peut aussi réduire la production en elle-même. Ou les deux. Une réduction de la production ne permettrait cependant plus d'employer tout le monde. Selon un document de travail de l’Institut syndical européen (ETUI), il serait possible de l’éviter en réduisant le temps de travail hebdomadaire32.

Une étude globale systématique33 conclut que la diminution du temps de travail réduit la pression sur l’environnement, mais principalement en baissant aussi les revenus et donc les dépenses. Les données actuellement disponibles ne permettent pas d'en dire plus.

Notre conclusion : En raison du manque de données, on ne peut pas encore affirmer avec certitude si le raccourcissement du temps de travail est une mesure efficace pour réduire l’empreinte carbone.

Comment financer une réduction du temps de travail ?

Si nous travaillions tous moins, sans perte de salaire, et que nous maintenons la même productivité horaire, ce nouveau modèle est associé à des coûts considérables. Parce que le salaire horaire par travailleur augmente et qu’il faut éventuellement engager du personnel supplémentaire. Les coûts d’une telle réduction du temps de travail peuvent être assumés par l’employeur et/ou par l'État.

Une entreprise peut tenter de couvrir des coûts additionnels en produisant moins et donc en réduisant son chiffre d'affaires. Elle a aussi la possibilité de faire payer le client plus cher. Mais quel serait l’impact sur la compétitivité et l’inflation ?

En France, l’adoption de la semaine de 35 heures a été facilitée, par exemple, par une baisse des cotisations sociales. Selon un rapport d’évaluation, le coût pour l'État français s'élevait à 2,5 milliards d'euros par an34. La question de savoir si l'investissement en valait la peine fait l'objet d'un débat.

Dans une maison de retraite de Göteborg, en Suède, qui a réalisé des essais de raccourcissement du temps de travail, ce dernier est repassé de 6 à 8 heures après l’expérience, car le personnel supplémentaire coûtait trop cher.

Dans l’étude menée par le LISER et l’Université du Luxembourg, les auteurs abordent aussi les méthodes de financement possibles – également par le travailleur. Quels travailleurs seraient prêts à travailler moins ET à gagner moins ? Ce modèle a été testé aux Pays-Bas, ce qui a notamment valu à ce pays de compter aujourd'hui le pourcentage le plus élevé d'hommes travaillant à temps partiel au sein de l'UE. Mais tous les travailleurs ne peuvent pas se permettre de gagner moins. Une autre possibilité serait d’intensifier la charge de travail. Mais comme nous l’avons déjà vu, ce scénario pourrait à son tour avoir un effet négatif sur le bien-être et la santé des travailleurs.

L’étude du LISER montre également qu'il est préférable de mettre en œuvre une réduction du temps de travail en période de croissance économique et de faible chômage, car les employeurs et l’État sont alors mieux à même d’assumer les coûts qui peuvent y être associés.

Dans l’étude menée par le LISER et l’Université du Luxembourg, les auteurs abordent aussi les méthodes de financement possibles – également par le travailleur. Quels travailleurs seraient prêts à travailler moins ET à gagner moins ? Ce modèle a été testé aux Pays-Bas, ce qui a notamment valu à ce pays de compter le pourcentage le plus élevé de travailleurs à temps partiel, tant masculins que féminins, au sein de l’UE. Mais tous les travailleurs ne peuvent pas se permettre de gagner moins. Une autre possibilité serait d’intensifier la charge de travail. Mais comme nous l’avons déjà vu, ce scénario pourrait à son tour avoir un effet négatif sur le bien-être et la santé des travailleurs.

L’étude du LISER montre également qu'il est préférable de mettre en œuvre une réduction du temps de travail en période de croissance économique et de faible chômage, car les employeurs et l’État sont alors mieux à même d’assumer les coûts qui peuvent y être associés.

 Notre conclusion : Le financement d’une réduction du temps de travail constitue un défi. Il existe différents modèles et nous manquons de données à ce sujet.

 

 

 

Quelles sont les répercussions d’une réduction du temps de travail sur la compétitivité et la croissance économique ?

Là encore, l’impact est difficile à mesurer, car un grand nombre de facteurs entrent en jeu. Pour la France, les chercheurs ont estimé qu’entre 2001 et 2007, le PIB a été supérieur de 1,36 % par an au niveau qu'il aurait atteint si les 35 heures n'avaient pas été introduites. Une simulation des effets possibles d’une réduction du temps de travail en Espagne montre également que travailler cinq heures de moins par semaine augmenterait le PIB de 1,4 %.

Selon l’étude du LISER, l'impact d'une réduction du temps de travail serait également difficile à mesurer, étant donné que la compétitivité et la productivité varient fortement d'un secteur à l'autre.

Conclusion pour le Luxembourg

Qu’en est-il donc du Luxembourg ? Faudrait-il diminuer le temps de travail hebdomadaire sans baisse de salaire ? Quel serait le modèle le plus judicieux et comment, quand et où faudrait-il aborder la transition ?

Ce sont des questions auxquelles la science ne peut pas répondre seule. Il existe des études scientifiques sur le sujet, mais comme le contexte et les objectifs varient, elles ne fournissent pas de solution miracle universelle.

Le débat est notamment pertinent parce que la progression de la digitalisation pourrait entraîner une suppression d’emplois. Une réduction du temps de travail, associée à une reconversion ou à une formation continue, pourrait contribuer à limiter le chômage dans certaines professions. 

La réduction du temps de travail peut être mise en œuvre de manière individuelle, sectorielle ou généralisée. Il convient de définir clairement les objectifs visés par un raccourcissement temps de travail, de tirer les enseignements des études disponibles, de simuler les impacts éventuels et de discuter des scénarios possibles avec tous les acteurs.

Autoren: Kai Dürfeld (scienceRELATIONS), Michèle Weber (FNR), Lucie Zeches (FNR)
Übersetzung: Nadia Taouil (t9n.lu)
Redaktion: Michèle Weber (FNR)

Infobox

Quellen

[1] https://www.petitiounen.lu/petition/2345?no_cache=1&cHash=4f8d9bc1d46c19cd0bba8d08ce068dc9

[2] https://www.liser.lu/?type=news&id=2357

[3]https://gouvernement.lu/dam-assets/documents/actualites/2023/04-avril/25-etude-reduction-travail/rapportrtt-liser-unilux-versionfinale-21avril.pdf

[4] https://www.vie-publique.fr/en-bref/19962-union-europeenne-comparaison-des-durees-et-des-horaires-de-travail

[5] https://ec.europa.eu/eurostat/databrowser/view/LFSA_EWHAN2__custom_5871136/default/table

[6] https://ec.europa.eu/eurostat/databrowser/view/LFSA_EWHAN2__custom_5871136/default/table

[7] https://www.csl.lu/fr/sante-et-bien-etre-au-travail/quality-of-work-index-luxembourg/

[8] Arbeitszeit in Frankreich (2023). Online verfügbar unter https://www.cbbl-lawyers.de/frankreich/arbeitsrecht-in-frankreich/arbeitszeit-in-frankreich/, zuletzt aktualisiert am 02.03.2023, zuletzt geprüft am 02.03.2023.

[9] ver.di (Hg.) (2023): Tarifrunde Telekom: Umsetzung der 36-Stunden-Woche in Form zusätzlicher 14 freier Tage - Rahmenregelungen stehen! Online verfügbar unter https://tk-it.verdi.de/themen/nachrichten/++co++8530801a-e28d-11e8-a156-525400ff2b0e, zuletzt aktualisiert am 02.03.2023, zuletzt geprüft am 02.03.2023.

[10] https://rheingans.io/die-5-stunden-revolution

[11] Mikuteit, Hanna-lotte (2020): Hamburger Kanzlei reduziert Arbeitszeit – bei vollem Gehalt. In: Hamburger Abendblatt, 08.02.2020. Online verfügbar unter https://www.abendblatt.de/wirtschaft/article228366347/hamburg-work-life-balance-arbeitnehmer-wirtschaft-otto-kanzlei-reduziert-arbeitszeit.html, zuletzt geprüft am 02.03.2023.

[12]

[13] etui (2023a): A 4-day week trial demonstrates the benefits of working time reduction | etui. Online verfügbar unter https://www.etui.org/news/4-day-week-trial-demonstrates-benefits-working-time-reduction, zuletzt aktualisiert am 02.03.2023, zuletzt geprüft am 02.03.2023.

[14] etui (2023b): Belgium: the four-day working week on the negotiating table | etui. Online verfügbar unter https://www.etui.org/news/belgium-four-day-working-week-negotiating-table, zuletzt aktualisiert am 02.03.2023, zuletzt geprüft am 02.03.2023.

[15] Haraldsson, Guðmundur D.; Kellam, Jack (2021): Going Public: Iceland's Journey to a Shorter Working Week. Alda, Association for Democracy and Sustainability. Online verfügbar unter https://en.alda.is/2021/07/04/going-public-icelands-journey-to-a-shorter-working-week/, zuletzt geprüft am 28.02.2023.

[16] https://www.etui.org/publications/guides/the-why-and-how-of-working-time-reduction

[17] https://www.4dayweek.com/research-results

[18] https://autonomy.work/portfolio/icelandsww/

[19] https://bmjopen.bmj.com/content/12/4/e051131

[20] https://www.csl.lu/fr/sante-et-bien-etre-au-travail/quality-of-work-index-luxembourg/

[21] https://bmjopen.bmj.com/content/12/4/e051131

[22] https://www.4dayweek.com/research-results

[23] https://autonomy.work/portfolio/icelandsww/

[24] https://www.4dayweek.com/research-results

[25] https://ec.europa.eu/eurostat/databrowser/product/view/NAMA_10_LP_ULC

[26] https://link.springer.com/article/10.1007/s10902-019-00074-1

[27] El-Hariri, Yasmin (2007): Arbeitszeitverkürzung als wirtschaftspolitisches Instrument. Eine Analyse am Beispiel Frankreich. In: Der öffentliche Sektor. DOI: 10.34749/oes.2007.1021

[28] https://www.bpb.de/kurz-knapp/zahlen-und-fakten/soziale-situation-in-deutschland/61705/voll-und-teilzeitbeschaeftigte/

[29] https://www.quarks.de/gesellschaft/sollte-wir-alle-weniger-arbeiten/

[30] Wiggenbröker, Claudia (2021): Sollten wir alle weniger arbeiten? In: Quarks, 21.12.2021. Online verfügbar unter https://www.quarks.de/gesellschaft/sollte-wir-alle-weniger-arbeiten/, zuletzt geprüft am 01.03.2023.

[31] https://autonomy.work/portfolio/icelandsww/

[32] etui (2023c): Work less to pollute less? What contribution can or must working time reduction play in reducing carbon emissions? | etui. Online verfügbar unter https://www.etui.org/publications/working-papers/work-less-to-pollute-less-what-contribution-can-or-must-working-time-reduction-play-in-reducing-carbon-emissions, zuletzt aktualisiert am 02.03.2023, zuletzt geprüft am 02.03.2023.

[33] https://iopscience.iop.org/article/10.1088/1748-9326/abceec

[34] https://www.assemblee-nationale.fr/14/rap-enq/r2436.asp

[35] https://www.etui.org/publications/guides/the-why-and-how-of-working-time-reduction

[36] https://www.degruyter.com/document/doi/10.1515/bejm-2012-0073/html?lang=en

[37] https://academic.oup.com/cje/article/45/2/333/6062013

https://www.eurofound.europa.eu/fr/surveys/european-working-conditions-surveys-ewcs

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